Face aux cancers, osons la vie !

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Sandrine, une cagnotte pour surmonter la précarité due au cancer

{{ config.mag.article.published }} 3 novembre 2020

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Sandrine, atteinte d'un cancer métastatique des ovaires, tente de survivre avec le RSA. Pour s'en sortir, elle demande à sa banque, la Banque Postale, un découvert de 100 euros. Qui lui est refusé. En désespoir de cause, la jeune femme lance une cagnotte sur twitter. Et découvre la générosité de la communauté.

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Une cagnotte PayPal ou le néant ?

Voilà à quoi se résumait le choix de Sandrine, seule à 51 ans avec son cancer des ovaires, sans emploi, ni mutuelle, ni autre source de revenu qu’un RSA, alors que le deuxième confinement se profilait.

Derrière le joli sourire, la « dèche »

Des petits cœurs rouges qui s’envolent, des rayons de soleil et des embruns… Les selfies de son beau sourire, les photos de ses balades quotidiennes en bord de mer avec ses chiens qui s’égrènent sous le fil twitter, ouvert sous le joyeux pseudo de « Sandrine, Vive le bonheur ». Sandrine ne larmoie pas, partage chaque petit moment de bonheur avec la communauté. Encourage les autres malades. Mais, depuis quelques jours, elle du se résoudre à ouvrir un lien vers la cagnotte « pour combattre ce cancer et le flinguer ».

 « J’essaie de prendre les choses avec philosophie, de rester positive en prenant de jolies photos. La seule chose que m’ait apporté ce cancer, c’est de voir des choses autrement, de découvrir combien le moindre rayon de soleil prend de l’importance. Mais en fait, je suis… dans la dèche. Le cancer, comme si c’était pas déjà assez dur, c’est vraiment un amoncellement de galères financière et sociale! ».

Accidentée de la vie

Avant « tous ces accidents », comme elle dit, Sandrine a eu une vie active. Commerçante en Gironde. A son compte. Mais au bout de quatre ans, sa petite entreprise est mise en liquidation. Ses factures personnelles s’étant amoncelées, elle a accepté de monter un dossier de surendettement pour s’en sortir. En revanche à 48 ans, « retrouver un travail, tu oublies ». Au RSA depuis 2017, difficile de continuer à louer dans la région bordelaise. Elle met le cap sur Lannion, se disant que la vie y serait moins chère et plus douce.

Elle envisage alors de se reconvertir dans un travail avec les animaux- mais une mauvaise chute  fracture son épaule. Opération, broches, deux mois de rééducation : c’est là, peu avant l’été 2019, qu’elle sent de drôles de ganglions en haut de la cuisse. Ni le généraliste, ni le gynécologue, auxquels elle en a parlé ne s’en sont émus. « On me disait que ce devait être une infection, pas bien grave. »

Un cancer des ovaires métastatique

Le chirurgien, qui s’était occupé de son épaule à Rennes, la revoyant pour une radio de contrôle,  en décembre 2019 se montre plus sceptique : « Vu l’état des ganglions, il m’a dit que ça ne l’étonnerait pas que ce soit cancéreux. » Le verdict  tombe le 25 février: cancer des ovaires de haut grade, métastatique.

« Là tout a été très vite. » Opérée après trois premiers cycles de chimio, les ovaires, l’utérus et un morceau de péritoine rétirés, Sandrine a été incluse dans un essai thérapeutique (First) qui évalue a l’association chimiothérapie (taxol)-,inhibiteur de PARP (niraparib) et immunothérapie (anti-PD-1) ou placebo en première ligne de cancers des ovaires de haut grade, le tout associé à de l’Avastin. « J’ai perdu trois kilos dans la bataille. Ca, c’est pas très grave, mais depuis j’essaie de m’alimenter le plus sainement possible, en prenant des compléments avec l’accord du médecin. » Et là, ça devient beaucoup moins simple.

Vivre, seule et malade, avec un RSA…

Si les APL l’aident à payer son loyer, ses seuls revenus du RSA (497 euros) ne suffisent plus. « Au printemps dernier, j’ai demandé de l’aide au département. Refusé. Au mois d’août, j’ai envoyé un dossier à la MDPH pour obtenir l’allocation adulte handicapé. Quand j’ai appelé la semaine dernière, on m’a expliqué que mon dossier était bien arrivé, mais qu’avec le Covid les médecins se réunissent moins souvent pour examiner les cas. Il ne faut pas que j’attende de réponse avant, au moins, 4 mois. L’assistante sociale de la commune m’a dit que je pourrais sans doute obtenir une aide de 150 €. Mais depuis pas de nouvelles. J’attends aussi l’appel d’une association d’aide aux précaires, pour une aide-ménagère : passer l’aspirateur m’épuise autant qu’un marathon. Sans ce devis, je ne peux pas monter de dossier de demande d’aide à la Ligue. Je comprends bien que tout le monde soit débordé, mais moi je n’ai plus rien sur mon compte. On te dit qu’avec le cancer, c’est important de ne pas stresser mais tout est réuni pour que je stresse !»

 Cancer ou pas, on ne prête qu’aux riches

En désespoir de cause, Sandrine a demandé à sa banque (la banque postale) si elle pouvait lui accorder un découvert mensuel de 100 €, « alors que je n’en ai jamais eue découvert  depuis que je suis chez eux, la réponse m’a scotchée ». Niet et sans appel. A la Banque Postale comme chez les autres, on ne prête… qu’aux riches.

«Comme j’ai râlé sur les réseaux sociaux, j’ai finalement eu droit au coup de fil d’une dame du service appui, dont le rôle est d’aider à mieux gérer son budget. Comme si je ne savais pas me débrouiller ! Tout ça parce que j’ai eu un dossier de surendettement. Je ne suis pas interdite bancaire, juste fichée. Jusqu’au 5 décembre prochain. Et tant qu’il n’est pas clos, pas de découvert possible. Quand je lui ai expliqué la situation, elle s’est un peu radoucie, pour me conseiller d’aller trouver de l’aide… ailleurs, chez une assistante sociale ou des associations.» Dans cet enfer administratif qui tourne en boucle, Sandrine dit qu’elle « touche du bois, pour que ça se résolve vite ». En attendant son fil twitter s’est révélé une planche de salut inespérée. À raisons de quelques dizaines deuros chaque fois, la cagnotte s’est remplie pour atteindre 1700 . « Une vraie bouffée d’air. Je n’étais pas très réseaux sociaux, mais franchement ça m’a ébranlé de voir que ce ne sont finalement pas ceux dont on attend quelque chose qui vous aident ».

 


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Claudine Proust

Elle a débuté en 1989 au Parisien, puis s’est spécialisée dans les sujets de santé, d’éthique et de société. Depuis 2016, elle est pigiste pour divers titres (Top santé, Pleine vie...) et collabore régulièrement à nos pages. « Ce que j’aime dans le magazine Rose, c’est le lien avec et entre les lectrices. L’incroyable énergie, la gaîté (oui !) et la sororité qu’elles transmettent. »

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