Le reste à charge, c’est quoi ?
Comme son nom l’indique, les restes à charge (RAC) sont ce qu’il reste à payer des dépenses de santé qui ne sont pas entièrement remboursées par le régime obligatoire de sécurité sociale. Ticket modérateur, forfait journalier d’hospitalisation, dépassements d’honoraires, participation forfaitaire sur les consultations ou actes médicaux, les boîtes de médicament, les actes paramédicaux, le transport médicalisé… Cela chiffre très vite. Sans compter les soins complémentaires, pas du tout remboursés.
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Qu’est-ce qui n’est pas couvert en ALD ?
En France, le cancer fait partie des affections de longue durée (ALD), lesquelles bénéficient d’une prise en charge à 100 % des dépenses liées aux soins et aux traitements.
Néanmoins, il faut savoir que les dépassements d’honoraires, les franchises sur les médicaments, ou encore le forfait journalier hospitalier restent à la charge des patients.
D’autres dépenses, liées par exemple à l’achat d’une perruque, sont susceptibles de n’être remboursées que partiellement. Enfin, il y a tous les produits qui ne sont pas inscrits sur la liste des produits et prestations de la Sécurité sociale (LPP), tels que les vernis à ongles spéciaux, les protections urinaires et certains soins de support (sophrologie, acupuncture…). Même si leur recours est directement lié au cancer.
Par ailleurs, il faut rappeler que l’ALD ne concerne que les dépenses liées au cancer, pas celles liées à d’autres pathologies.
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Qui peut les prendre en charge ?
La complémentaire santé d’abord. C’est son rôle. C’est pourquoi « Il est fortement recommandé de conserver ou de souscrire un contrat d’assurance complémentaire santé auprès d’une mutuelle par exemple, même dans le cadre d’une ALD », souligne Sylvie Altemir, assistante de service social. Son rôle est de prendre en charge des frais en complément de l’assurance maladie.
Sont concernés les postes mentionnés précédemment, hormis la participation forfaitaire et la franchise médicale, qui restent à la charge du patient.
Les personnes qui disposaient déjà d’une complémentaire avant leur cancer, ne doivent pas hésiter à en changer (après préavis) afin d’opter pour une formule plus adaptée à leurs besoins. Le mieux est de bénéficier d’une garantie spéciale ALD qui propose souvent des forfaits pour médecines douces (sophrologie, acupuncture…).
Comment choisir ?
Les prix des complémentaires santé sont libres. Pour choisir la plus adaptée à ses besoins, il faut être attentif :
– à l’éventuel délai de carence et au tiers payant, qui permet d’éviter des avances de frais ;
– au remboursement au frais réel du forfait hospitalier journalier, incluant éventuellement la chambre seule ;
– au remboursement des dépassements d’honoraires (300 % à 400 % du taux de remboursement de la Sécurité sociale, c’est bien), des frais de transport, des médecines douces et cures thermales par un forfait annuel.
Regarder aussi au bout de combien de jours d’hospitalisation on a droit à une aide ménagère, et pour combien de temps. Demander des devis et les comparer ! Pour tout cela, faire appel à un courtier – c’est gratuit – peut aider.
Que faire si on n’a pas de complémentaire santé ?
Lorsque les patients n’ont pas de contrat d’assurance complémentaire santé ou n’ont pas les moyens d’en avoir, ils peuvent demander la complémentaire santé solidaire (CSS). « C’est un dispositif d’aide proposé par l’assurance maladie, qui donne droit à une prise en charge de la part complémentaire des frais de santé, dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale », explique l’assistante sociale. À demander directement en ligne via son compte Ameli.
Peut-on demander une aide exceptionnelle à la CPAM ?
Les assurés aux revenus modestes ont la possibilité de solliciter l’action sanitaire et sociale de la CPAM afin d’obtenir une aide financière ponctuelle pour payer certains soins ou équipements, compenser la perte d’un salaire ou faciliter le retour à domicile après une hospitalisation. « Il s’agit d’un dispositif départemental, précise Sylvie Altemir. Chaque caisse dispose de son propre budget, et fixe ses modalités et ses prises en charge. »
Autre option : se tourner vers les caisses de retraite complémentaire, qui peuvent aussi apporter des aides via leur fonds d’action sociale, selon certaines règles, que l’on soit salarié ou retraité.
Il est toujours utile de se faire accompagner par une assistante sociale dans ces démarches. En dernier recours, elle peut aussi aider à constituer son dossier de demande d’aide auprès de la Ligue contre le cancer : dans chaque comité départemental, la commission sociale peut allouer une aide financière ponctuelle pour couvrir certains frais engendrés par la maladie.
Claudine Proust et Peggy Cardin-Changizi
En partenariat avec Malakoff Humanis.
Retrouvez cet article dans Rose magazine (Numéro 24, p.150 et Numéro 26, p.144)