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Une reconstruction mammaire : bientôt des prothèses biorésorbables

{{ config.mag.article.published }} 21 avril 2019

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Seules 20% des femmes ayant subi d’une mastectomie choisiront de se faire reconstruire. Si ce choix est totalement assumé par certaines, il peut aussi résulter du refus de porter un corps étranger ou de la peur d’une nouvelle chirurgie mutilante. Le projet MAT(T)ISE propose une nouvelle méthode de reconstruction mammaire qui combine les avantages des techniques actuelles en s'affranchissant de leurs inconvénients, pour répondre au mieux aux attentes des patientes.

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Aucune méthode de reconstruction mammaire n’est idéale. Le lipomodelage est « naturel » mais 30 à 40 % des cellules graisseuses prélevées et greffées ne « prendront » pas. La technique du lambeau oblige à léser un tissu sain. Quant aux prothèses, outre les nombreux scandales de ces dernières années, il s’agit d’un corps étranger qu’il faudra remplacer au bout de quelques années.

Une combinaison de techniques existantes

Le projet MAT(T)ISSE, issu d’une collaboration franco-belge coordonnée par le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille, a pour ambition de combiner les avantages de chacune des techniques existantes en s’affranchissant de leurs défauts. « Nous souhaitons répondre au mieux aux besoins des patientes, explique le Dr Pierre Marie Danzé, médecin biologiste au CHRU de Lille et responsable du projet. Les femmes qui ont bénéficié d’une mastectomie souhaitent éviter un corps étranger, ne pas multiplier les opérations chirurgicales, avoir une poitrine qui paraisse naturelle et que la reconstruction soit personnalisée. Le projet MAT(T)ISSE permettra tout cela à la fois. »

Inspiré par la dentelle de Calais

Pour atteindre cet objectif, le programme s’appuie sur des expertises pluridisciplinaires : biologistes, chirurgiens plasticiens, ingénieurs en biomatériaux… Même les industriels du textile sont de la partie. Quel rapport avec la reconstruction mammaire ? « Le projet MAT(T)ISSE utilise les adipocytes [les cellules graisseuses, NDLR] comme le lipofilling. Mais pour éviter les pertes observées avec cette technique, nous avons décidé de cultiver les cellules sur un support, une matrice. » Et pour la structure de ce support, les scientifiques se sont inspirés d’une tradition régionale d’exception : la dentelle de Calais. « Notre hypothèse était que le maillage de ce tissu favoriserait la croissance des cellules et leur vascularisation. Mais on s’est aperçu que, selon le motif de la dentelle, soit les cellules formaient un tapis homogène et se maintenaient, soit elles étaient déstabilisées. Il nous a fallu de nombreux tests avant de sélectionner notre première dentelle » admet le biologiste.

Comme pour la reconstruction par lambeaux, les cellules graisseuses seront prélevées sur un tissu sain. Mais là encore, MAT(T)ISSE raffine la technique classique : « Le lambeau de graisse proviendra d’une région péri-mammaire pour que le geste chirurgical soit simple et rapide. Ça faisait partie de notre cahier des charges. Nous ne voulions pas proposer une avancée qui impliquait de prélever un tissu éloigné du sein et de reconnecter les vaisseaux nourriciers sous microscope comme c’est le cas pour le DIEP. Ça ne correspond pas à notre vision du progrès, explique le Dr Pierre Guerreschi, chirurgien plasticien au CHRU de Lille à l’initiative du projet. Nous sommes en train d’identifier les sites donneurs éligibles. Ils devront être restés indemnes après les traitements : mastectomie, curage, radiothérapie… La taille du lambeau prélevé sera beaucoup plus faible qu’avec les techniques actuelles pour léser le moins possible le tissu donneur : il devrait être 10 fois moins volumineux qu’avec les techniques actuelles. »

Une reconstruction mammaire sur mesure

Pour que les adipocytes reconstituent la forme arrondie du sein, les chercheurs ont conçu une cloche poreuse qui viendra les recouvrir. Comme la nature a horreur du vide, les cellules graisseuses prolifèreront pour combler l’espace et stopperont leur croissance dès qu’elles toucheront la cloche : « Il s’agit d’un phénomène naturel appelé inhibition de contact » explique le chirurgien.

Ce processus naturel de reconstruction devrait nécessiter entre 6 mois et un an. À son terme, le support en dentelle et la cloche auront disparu. Car les scientifiques ont la bonne idée de recourir à des matériaux bio-résorbables : comme les fils utilisés pour la suture des plaies, ils sont naturellement digérés par l’organisme. Donc pas de risque de développement de Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules et pas besoin non plus de ré-intervenir au bout de 10 ans pour les remplacer.

Cerise sur le gâteau : la technique est personnalisable. Le support et la cloche seront modélisés par ordinateur à partir des imageries de la patiente avant l’ablation de son sein et fabriqués sur mesure par impression 3D. Le support s’adaptera ainsi à la forme du thorax et la cloche reproduira le galbe du sein d’origine.

« On passe de la reconstruction à la régénération mammaire »

Certaines problématiques restent encore à résoudre, notamment le choix du matériau : « Il faut trouver le biomatériau qui offre le meilleur compromis entre survie cellulaire et dégradation. Il faut qu’il permette une croissance rapide des cellules mais qu’il ne se dégrade pas avant que le processus de comblement soit terminé. Il y a encore beaucoup de travail mais les premiers résultats sont prometteurs » confie le Dr Guerreschi.

Les chercheurs se sont donnés 3 ans pour aboutir à une technique qui devrait « dépasser les reconstructions actuelles » de l’aveu du chirurgien : « On pourrait parler de disruption pour être à la mode. Il s’agit de passer de la reconstruction mammaire à la régénération tissulaire. » Une petite révolution qui profitera aux femmes ayant subi une mastectomie – y compris celles qui ont déjà été reconstruites par prothèse mammaire mais qui souhaitent une explantation – et qui, à terme, devrait également aider à réparer d’autres tissus mous impactés par la chirurgie comme ceux du visage dans les cancers ORL.

Emilie Groyer


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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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