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Lipomodelage et reconstruction : retrouver une poitrine naturelle

{{ config.mag.article.published }} 23 septembre 2013

{{ config.mag.article.modified }} 3 décembre 2024

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Associé à n’importe quelle technique de reconstruction mammaire, le lipomodelage maximise les chances de retrouver une poitrine à l'aspect naturel.

Retrouver sa poitrine d’avant est le rêve de bon nombre de femmes mastectomisées, celui qui effacerait d’un coup la mutilation… Hélas, la reproduction à l’identique du sein disparu n’est pas possible. En revanche, le façonnage d’une doublure de plus en plus réaliste est désormais possible.

Le lipomodelage : une révolution

Notamment grâce au lipomodelage. Avec lui, l’effet naturel est garanti. C’est « la demande la plus fréquente. Les femmes souhaitent des résultats naturels et durables », constate le Dr Christophe Ho Quoc, chirurgien plasti­cien au Centre Léon-Bérard, à Lyon. C’est son chef de service, Emmanuel Delay, qui a introduit le procédé en France, en 1998. Aussi appelée lipostructure ou lipofilling, cette pratique, désormais remboursée par la sécurité sociale, a révolutionné la chirurgie réparatrice.

Pourquoi ? « Parce que la graisse est une ressource précieuse », explique le Dr. Richard Abs, chirurgien plasticien, Président de la SOFCEP1, « elle n’entraîne aucun risque d’intolérance ou d’effet secondaire. Les résultats sont définitifs et très naturels. Autre grand secret de la graisse, son apport en cellules souches, qui est un véritable cocktail de jouvence pour la peau. Nous l’utilisons pour rehausser les zones où l’on a besoin de volume ou de rondeur comme au niveau des seins, des fesses ou ailleurs ».

Le lipomodelage en complément de la reconstruction mammaire

Rarement utilisée seule, la technique du lipomodelage aide autant à parfaire le résultat des techniques autologues2 que des techniques avec implant, mais aussi pour des retouches localisées. « Elle est devenue un complément indispensable à toutes les reconstructions mammaires », confirme le Dr Isabelle Sarfati, cofondatrice de l’Institut du sein, à Paris. Cela améliore considérablement le galbe et les contours du sein, peut corriger une encoche, remplir des creux ou des zones déprimées même au-delà du sein, sur le thorax, si la mastectomie a été agressive. Marie, une infirmière de 37 ans, en a bénéficié après avoir fait reconstruire l’un de ses seins par Brava et l’autre par Diep, et elle est enthousiaste: « Je sens mes seins, ils bougent… comme ceux d’avant ! ».

Le lipomodelage au secours de la tumorectomie

Pour les cancers de petites dimensions traités par tumorectomie, c’est à-dire ablation uniquement de la tumeur, pouvant entraîner des déformations du sein du type rétraction, encoches et tout type d’anomalies de contour des seins, le lipomodelage est une aide précieuse.

Le lipomodelage, allié après une radiothérapie

Le Docteur David Picovski, chirurgien plastique et de reconstruction à l’hôpital Saint Louis, souligne également l’intérêt du lipofilling mammaire après une radiothérapie : « Jusqu’à 95 % des patientes développent des lésions, allant de l’érythème à l’ulcération, souvent accompagnées de douleurs et de démangeaisons, qui peuvent rendre une reconstruction difficile. »

Les cellules graisseuses injectées dans la zone traitée par radiothérapie, en apportant des facteurs de croissance et des composés antioxydants, vont favoriser la trophicité et la cicatrisation de la peau. Celle-ci sera donc plus souple, la fibrose et l’inflammation seront réduites, comme la douleur liée aux lésions cutanées induites par les radiations.

Ainsi préparée, la peau du sein sera plus à même de recevoir une reconstruction, quelle que soit la technique choisie. Des études montrent notamment que le lipomodelage, réalisée avant la pose d’implants, réduit le risque de développer une coque.

Le lipomodelage pour redessiner les contours

Lorsque l’on est en rémission, c’est aussi un excellent traitement pour combler et redessiner les contours rétractés et déformés du sein, et pour recréer le volume mammaire perdu. Cela permet de retrouver une symétrie, tout en apportant de la souplesse au sein reconstruit.

Pour le Dr Ho Quoc, « c’est le présent et l’avenir de la reconstruction. Elle permet d’améliorer le volume, la forme, la projection, la consistance et les contours du sein, le tout sans corps étranger ni cicatrice visible ». Et en plus, ce procédé est un excellent moyen de lutter effica­cement contre… la culotte de cheval !

Le lipomodelage : une reconstruction longue

En effet, pour remodeler le sein, le chirurgien va devoir prélever par lipoaspiration de la graisse dans le ventre, les hanches ou les… cuisses. Après l’avoir centrifugée pour la purifier, il va la réinjecter dans la région thoraco-mammaire, via de petites incisions de 1 à 2 mm. Enfin, tel un sculpteur, il va procé­der au modelage, en répartissant les injections de graisse en multicouches, comme de fins spaghettis, là où l’on veut donner de l’arrondi, ou de la projection.

Du grand art, qui nécessite une à deux heures d’intervention, selon le nombre de prélèvements de graisse à effectuer et la quantité à transférer. Il faut au moins trois ou quatre séances, pratiquées sous anesthésie générale, et à trois mois d’intervalle, pour un résultat vraiment abouti.

Il faut donc s’armer de patience. Et, surtout, être sûre de son choix. Pas toujours facile à faire à l’issue d’un parcours déjà long et souvent traumatisant. Condition sine qua non pour être candidate au sein lipofillé ? Ne pas jouer au yo-yo avec son poids: « On travaille sur de la matière vivante, donc la taille de la poitrine variera au gré des prises ou des pertes de kilos », précise le spécialiste. Raison de plus pour conserver sa silhouette « liposucée» au gramme près.

Le lipomodelage : une technique sans danger

Certes, dans certains cas, le lipo­filling peut induire des microcalcifications, qui n’ont cependant rien à voir avec des lésions précancéreuses. « Les études ne mettent en évidence aucun élément qui rende l’injection de graisse responsable de la genèse ou de la récidive d’un cancer du sein, ni même qui perturbe la surveillance », précise le Dr Julien Pauchot, chirurgien au CHU de Besançon.

De son côté, après avoir passé toutes les évaluations et contre-évaluations au crible, la Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique a mis fin à vingt ans de polémique sur cette technique en la reconnaissant officiellement comme « d’une grande efficacité ». Autant dire une consécration.

EN PRATIQUE

Comment se déroule l’intervention ?

Sous anesthésie générale ou locale, l’intervention se décompose en trois étapes : prélèvement, centrifugation, réinjection. Dans un premier temps, la graisse en excès est prélevée par lipoaspiration (au niveau des cuisses, abdomen, fesses, culotte de cheval), puis elle est préparée (purifiée par centrifugation) et, lors de la même intervention, la graisse est transférée au niveau des seins à l’aide d’une micro-canule. Avant et après l’intervention, un examen radiologique est préconisé dans un centre spécialisé en imagerie mammaire.

Comment agissent les tissus graisseux en se greffant ?

Le lipomodelage consiste à réaliser une véritable greffe de tissu graisseux et à injecter de fins « spaghettis » de graisse qui vont devenir, une fois revascularisés, un composant vivant de la zone où ils ont été déposés. Le lipomodelage est alors définitif. A 3 mois, on obtient le volume final, qui est sensible aux variations de poids, d’où l’importance de la stabilité pondérale. Dans le cas d’une chirurgie réparatrice, il faut souvent deux séances de lipomodelage pour obtenir le résultat escompté car la graisse injectée se résorbe de 30% en moyenne. Dans le cas d’une chirurgie esthétique du sein, on réalise habituellement une seule séance.

Est-ce remboursé ?

Le lipomodelage peut être pris en charge par l’Assurance Maladie. Elle vient de faire paraître de nouveaux codes pour cette intervention, qu’elle intitule dans la CCAM : autogreffe de tissus adipeux. Deux codes QEEB317 pour les autogreffes de tissus adipeux de moins de 200 cc, et QEEB152 pour les autogreffes de tissus adipeux de 200 cc et plus au niveau du sein. L’Assurance Maladie prend en charge la partie Sécurité Sociale des honoraires, mais, non le « dépassement d’honoraires » qui reste à la charge de la patiente, en fonction du niveau de remboursement de sa mutuelle. Cette prise en charge est limitée aux cas de reconstructions mammaires, de séquelles de traitement conservateur, d’asymétrie importante, et de syndromes malformatifs comme les seins tubéreux ou le syndrome de Poland.

Céline Dufranc et Emilie Groyer

1. Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP)
2. Reconstruction avec les tissus de la patiente.


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Céline Dufranc

Présente depuis 2011 et notre numéro 1, elle a promené sa plume dans toutes nos rubriques : reportage, beauté, santé, forme et bien-être… Des sujets dont elle s’empare avec le vécu de celle qui a aussi connu le cancer et qui est aujourd’hui proche aidante auprès de sa maman, atteinte d’un myélome. Son style est dans l’ADN du magazine : enjoué, complice, résolument positif.

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