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Tout savoir sur les CAR-T cells

{{ config.mag.article.published }} 23 octobre 2018

{{ config.mag.article.modified }} 6 septembre 2024

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Les « Chimeric antigen receptor T cells » sont de nouvelles venues dans la famille des immunothérapies, ces traitements qui aident notre système immunitaire à combattre les cellules cancéreuses.

Comment ça marche les CAR-T cells ?

Si les tumeurs prolifèrent dans notre corps, c’est parce que nos globules blancs ne parviennent pas à les identifier comme cible à détruire. Alors les chercheurs ont eu l’idée de leur donner un coup de pouce en leur fournissant un détecteur de cellules cancéreuses.

Comment fabrique-t-on les CAR-T cells ?

Pour cela, ils isolent les globules blancs du patient, plus précisément ses lymphocytes T, des cellules immunitaires capables de tuer les cellules anormales. Ils manipulent ensuite leur ADN en laboratoire pour les doter de ce fameux détecteur. Les lymphocytes ainsi armés, les « CAR-T cells », sont enfin multipliés in vitro avant d’être réinjectés au patient. Une fois dans l’organisme, les CAR-T cells passeront au crible les cellules qu’ils croiseront sur leur chemin. Quand ils entreront en contact avec une cellule cancéreuse, leur détecteur s’activera et leur enverra le message qu’il faut la détruire.

Comment ça se passe pour le patient ?

Dans un premier temps, son sang est prélevé par aphérèse pour en isoler les lymphocytes T. Ces derniers sont ensuite envoyés au laboratoire qui les transforme en CAR-T cells. Avant leur administration, le patient reçoit pendant quelques jours une chimiothérapie dite « lymphodéplétive ». Son but : éviter que son système immunitaire ne rejette les CAR-T cells.

Le traitement par CAR-T cells ne nécessite qu’une seule injection. Toutefois, le patient restera à l’hôpital pour vérifier qu’il ne développe pas d’effets secondaires. En 2022, la durée moyenne d’hospitalisation était de 23,5 jours.

Les CAR-T cells sont-elles efficaces contre tous les cancers ?

Pour le moment, ils sont surtout efficaces dans les cancers du sang. Pourquoi ? Parce que l’on a un trouvé une cible exprimée en grande quantité à la surface de ces tumeurs : le CD19. Ce récepteur exprimé à la surface de certains lymphomes et de certaines leucémie. Les 4 CAR-T cells autorisés en 2024 en France sont tous dirigés contre cette cible. Leurs petits noms de ces traitements : Yescarta© (axicabtagène ciloleucel), Kymriah© (tisagenlecleucel), Tecartus© (brexucabtagène) et Abecma© (idécabtagène vicleucel).

Le CD19 n’est pourtant pas exprimé exclusivement par ces cancers, il se trouve également à la surface des lymphocytes B, les cellules de notre système immunitaire capables de produire des anticorps. Les CAR-T cells anti-CD19 provoquent donc malheureusement un déficit immunitaire chez les patients traités. Pourquoi ces CAR-T cells ont tout de même été autorisés ? « Parce que ces « dommages collatéraux » – appelés effet off-target – sont acceptables au regard du cancer,  explique le Pr Boissel, hématologue à l’hôpital Saint Louis (Paris). Il s’agit en effet d’un déficit que l’on sait gérer. Le plus souvent il est transitoire, car les CAR-T cells vont finir par disparaître et le patient va se remettre à produire des lymphocytes B. Et s’il persiste, on pourra apporter aux patients des anticorps. »

Pourquoi fonctionne-t-elle moins bien dans les cancers solides ?

Parce qu’on n’a pas encore trouvé de cible qui soit exprimée fortement (ou exclusivement) par ces cancers et qui ne provoquent pas d’effet secondaires trop importants si elle est exprimée sur d’autres cellules.

Par ailleurs, les tumeurs qui se développent dans des organes se trouvent dans un environnement dit immunosuppresseur. En d’autres termes, les cellules cancéreuses parviennent à endormir notre système immunitaire. Donc, même si le CAR-T cells parvient à reconnaître la tumeur, il ne sera pas en mesure de la tuer. Certains essais cliniques cherchent donc à combiner les CAR-T cells avec d’autres immunothérapies de type « inhibiteur de checkpoint » – par exemple, les anti-PD1 et PDL1 – qui sont capables de lever ce frein exercé par la cellule tumorale sur nos défenses immunitaires.

le cancer en BD RM16 rose magazine rose up association face aux cancers osons la vieÀ LIRE AUSSI : Vous souhaitez comprendre comment la cellule tumorale échappe au système immunitaire ? Lisez notre BD L’insaisissable gang des K.

Peut-on être soigné par CAR-T cells partout en France ?

Seuls une quarantaine d’établissements, répartis sur l’ensemble des régions de France, sont habilités à administrer ce traitement en 2024. On peut citer par exemple les Hospices civils de Lyon, l’hôpital Saint-Louis à Paris ou encore l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille.

Pourquoi ?

Les CAR-T cells peuvent provoquer des effets indésirables peu communs. Des moyens importants doivent être mis en œuvre par les hôpitaux pour assurer le suivi et la surveillance des patients pendant les semaines qui suivent l’injection. Les équipes soignantes doivent également être en capacité d’en reconnaître les premiers signes pour réagir efficacement.

Les centres habilités répondent aux critères établis par le ministère des Solidarités et de la Santé qui assurent la sécurité des patients. Ils doivent notamment disposer d’une unité de soins intensifs d’hémato-oncologie, d’un service de neurologie et d’un service de réanimation médicale sur place et en permanence.

Quels sont ces effets secondaires ?

C’est le cas notamment du « syndrome de libération des cytokines » aussi appelé orage cytokinique, dont les symptômes sont plus ou moins sévères : depuis une forte fièvre pour les cas bénins, jusqu’à une insuffisance respiratoire pour les plus graves. Heureusement, un traitement existe.

À VOIR AUSSI : Retrouvez notre webinaire sur les CAR-T cells avec le Pr Nicolas Boissel, professeur d’hématologie à l’hôpital Saint-Louis.

 

Retrouvez cet article dans Rose Magazine (Numéro 15, p. 32)


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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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