Face aux cancers, osons la vie !

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Élise, jeune médecin : elle se bat pour être assurée, 8 ans après sa victoire sur le cancer

{{ config.mag.article.published }} 16 juillet 2019

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@DraganaGordic/Shutterstock

Alors qu’elle est étudiante en médecine, Élise doit faire face à un cancer. Huit ans plus tard, son dossier médical l’empêche d’avoir accès à une assurance prévoyance professionnelle convenable pour pouvoir exercer comme médecin généraliste. Une double peine d’autant plus injuste qu’Élise s’est battue comme une lionne pour continuer ses études, mettre au monde son bébé, malgré la maladie.

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En 2011, Élise a 21 ans. Étudiante brillante, elle est en plein milieu de sa deuxième année de médecine. Des études exigeantes dans lesquelles elle s’investit à fond. Mais un examen vient tout compliquer. Il est médical cette fois. Elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du rectum. Un cancer rare pour son âge. « Il n’est pas génétique, je n’avais aucun antécédent : vraiment la faute à pas de chance », confie Élise.

Son crabe n’est pas à un stade très avancé, mais les opérations s’enchainent : en février une mucosectomie (qui révélera la présence d’emboles lymphatiques), puis en avril une ​sigmoidoproctectomie (ablation du sigmoïde, le colon terminal, et du rectum). À la suite de cette opération, les médecins trouvent des micrométastases ganglionnaires : une chimiothérapie est donc nécessaire. Et ce, deux semaines avant ses partiels. Qu’elle réussit malgré tout.

Pendant plusieurs mois, elle doit vivre avec une poche de stomie. Les séances de chimiothérapies s’enchainent ; Élise résiste et s’accroche, soutenue par son compagnon, lui aussi étudiant en médecine. « Il me lisait les cours quand j’étais trop fatiguée pour réviser pendant ma chimio », se souvient-elle. Un jour à la veille d’un examen de neurophysiologie, « une des plus grosses matières », son compagnon insiste pour qu’elle révise un dernier sujet. « Il le sentait bien, mais j’étais tellement en retard et fatiguée, je pensais que c’était inutile ». Il lui fait la lecture, et le sujet tombe à l’examen le lendemain. Un vrai travail d’équipe !

Bébé miracle et fin d’étude

Élise n’a pas eu de radiothérapie dans son protocole de soin, vu son jeune âge et vu la nature de son cancer. « J’aurais dû faire une croix sur ma fertilité sinon ». Un petit miracle pointe le bout de son nez l’été entre sa 5ème et 6ème année d’étude. Elle tombe enceinte, un « bébé surprise » mais tellement désiré ! Elle poursuit de front ses études et sa grossesse. Mais difficile de suivre le rythme entre les stages, les cours et les partiels hebdomadaires pour obtenir le droit de présenter l’examen de fin d’année : l’ECN (Examen National Classant).

Élise passe un marché avec sa gynécologue pour éviter des complications ou un accouchement prématuré : « Je devais rester allongée toute la semaine et en échange, elle me laissait aller aux examens du vendredi ».  Sa petite fille nait un mois et demi avant l’examen de fin d’année ! Et elle réussit à bien se classer au concours de médecine. Missions accomplies !

En novembre dernier, Élise termine enfin ses études ; la jeune femme a encore 3 ans pour passer sa thèse, mais peut d’ores et déjà prétendre à des remplacements de médecins généralistes. Les « médecins généralistes remplaçants non thésés » ont un statut particulier : ils ne cotisent pas à la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (CARMF) et doivent souscrire à une assurance de prévoyance privée car, en cas d’arrêt maladie, la sécurité sociale ne verse pas d’indemnités journalières.

« Un pot de fleur sur la tête, la faute au cancer ? »

En novembre 2018, Élise, toute heureuse de prendre son premier poste, cherche à contracter une prévoyance. Très naturellement elle s’adresse à une assurance spécialisée pour les professionnels de santé. Et là, douche froide. Le médecin se heurte à l’obstacle du questionnaire médical : 8 ans après, le cancer qu’elle a vaincu avec tant de courage, se rappelle à elle. L’assurance accepte de la couvrir pour les risques de décès ou d’invalidité – en revanche refuse le risque de maladie ou d’accident. Comme si avoir eu un cancer attirait les accidents de voiture : « En fait si je reçois un pot de fleur sur la tête, c’est la faute de mon cancer passé », ironise Élise.

La jeune femme ne baisse pas les bras et s’adresse à un autre assureur, un groupe mutualiste. En mai dernier, elle reçoit une réponse : ils sont d’accord pour l’assurer mais avec une surprime pour le risque maladie et accident. Soit une cotisation à 100 euros au lieu d’une quarantaine pour une personne sans « passif »… Et encore, l’assureur, grand prince, lui propose une réduction « jeune assuré ». Deux ans plus tard, la cotisation grimpe jusqu’à 200 euros. « Ce n’est pas possible, avec un tel montant cela ne sert à rien de travailler ! », s’insurge Élise.

Elle insiste. Argumente. On lui propose une réévaluation de son dossier en 2024. Pourquoi 2024 et pas 2023 ou 25 ? Mystère ! « Cette date ne correspondait à rien », souligne-t-elle. La mutuelle finit par consentir à une réévaluation en 2021. « Un délai bien trop long », déplore Élise qui cherche un interlocuteur compétent pour plaider sa cause. Elle téléphone, sollicite des rencontres – en vain. L’assurance professionnelle ne bénéficie pas comme l’assurance de prêt d’un dispositif comparable au droit à l’oubli, initié par notre association, ni d’accords conventionnels de type AERAS.

Une prévoyance au rabais

Aujourd’hui, elle vient de recevoir une réponse positive d’une assurance, sans questionnaire médical. « Elle n’est pas très chère, mais avec une couverture limitée… », explique Élise. Et des exclusions pour la maternité, les affections dorsales et psychiatriques. Problème : Élise est en train de développer une ménopause précoce. Et ne pourra tomber enceinte d’un second enfant sans une Fécondation In Vitro (FIV). Un processus long, qui peut entraîner des arrêts de travail voire des hospitalisations. « Je ne peux même pas le dire à mon nouveau conseiller, sinon ça va être la catastrophe », confesse la jeune femme.

Cette double peine la révolte. « Nous sommes maltraitées, dénonce-t-elle. Vous imaginez la violence symbolique de recevoir un papier qui vous indique que vous n’êtes pas assurée pour cause de cancer. » Ce cancer, comme un accident de parcours, reste un boulet. Une entrave insupportable. « Déjà devoir le déclarer me révolte, le secret médical existe. Et je n’ai pas plus de risques de tomber malade que quelqu’un d’autre ! » Aujourd’hui, Élise peut tout de même exercer, et passer du temps avec sa fille : sa priorité. « La maladie vous fait réaliser quelles sont les choses importantes. »

*Le prénom a été modifié

 Mathilde Durand


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